Octobre Rose en entreprise : mobiliser ses équipes pour la prévention et l’engagement solidaire #
L’impact du cancer du sein au travail : chiffres clés et enjeux sociétaux #
Chaque année, près de 60 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués en France selon l’Institut National du Cancer (INCa), dont 80 % touchent les femmes entre 50 et 74 ans. 1 femme sur 8 risque d’être concernée au cours de sa vie. Cette pathologie demeure la première cause de mortalité par cancer chez les Françaises, avec près de 12 000 décès par an. Dans le monde du travail, l’incidence est indissociable des enjeux de santé et de performance : en France, les absences de longue durée dues au cancer – tous types confondus – entraînent un manque à gagner équivalent à plusieurs centaines de millions d’euros de productivité annuelle.
L’intégration de la prévention féminine dans les politiques RH prend toute sa dimension car le cancer du sein survient souvent à l’âge où les femmes occupent des responsabilités croissantes. La désorganisation des équipes, la gestion des retours après maladie, mais aussi l’accompagnement humain, constituent des défis majeurs pour les directions d’entreprise. Les discriminations à l’embauche, la peur du licenciement ou la stigmatisation demeurent une réalité pour certains salariés touchés. Le baromètre Malakoff Humanis de 2024 confirme que 36% des employeurs interrogés voient dans le soutien aux malades un marqueur de leur attractivité sociale.
- 33 % des nouveaux cas de cancer détectés en France concernent le sein (source INCa 2024).
- Le coût estimé de l’absentéisme lié au cancer en entreprise s’élève à plus de 10 milliards d’euros annuels (source France Assureurs 2023).
- Moins de 1 % des cas de cancer du sein concernent des hommes, mettant en exergue une problématique très féminisée.
Faire de la sensibilisation un pilier de la culture d’entreprise #
Structurer une campagne de sensibilisation à grande échelle s’avère déterminant : selon l’Institut Curie, près de 40 % des employeurs déclarent ne pas avoir informé leur personnel sur la prévention des cancers féminins au cours des deux dernières années. Positionner la sensibilisation au cœur des valeurs de l’entreprise permet non seulement de diffuser une culture de la vigilance, mais également d’inscrire la santé des salariées et salariés au rang de priorité partagée.
La démarche ne saurait se limiter à de l’information descendante. L’enjeu consiste à créer un environnement où chaque collaborateur comprend les bénéfices d’un dépistage régulier grâce à des actions variées et adaptées :
- Organisation d’ateliers pratiques sur l’auto-examen mammaire animés par l’association Ruban Rose, reconnue pour ses formations interactives dans des grands groupes tels que BNP Paribas (finance) ou Sanofi (pharmacie).
- Mise en place d’expositions pédagogiques avec des supports fournis par l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, premier centre européen de lutte contre le cancer.
- Diffusion de kits de communication (flyers, affiches, guides, vidéos) adaptés à chaque service, conçus avec le concours de structures telles que La Ligue contre le cancer.
- Lancement en interne de webinaires avec interventions de Professeur Axel Kahn, figure scientifique majeure, autour du dépistage et des innovations thérapeutiques.
Lever les tabous autour du cancer du sein et encourager le dialogue interne #
La maladie demeure, dans de nombreux milieux professionnels, entourée d’un silence pesant. Ouvrir la parole sur le cancer du sein signifie permettre aux collaborateurs de partager leur ressenti, d’exprimer leur peur ou leurs doutes, tout en brisant la solitude causée par la maladie. Orange (télécommunications) et Danone (agroalimentaire) font figure d’exemples en ayant instauré des groupes de parole animés par des psychologues, réunissant chaque mois salariées, proches aidants et encadrants, pour libérer la parole et faciliter l’entraide.
Il est essentiel de briser l’isolement ressenti par les patientes et de lutter contre l’auto-censure liée aux arrêts maladie ou à la peur d’un reclassement. Initier des témoignages internes, faire intervenir d’ex-auxiliaires de vie spécialisés en cancérologie, ou inviter des collaboratrices ayant vécu la maladie à partager leur expérience, comme le pratique Capgemini (services numériques), favorise durablement l’inclusion et la solidarité.
- Création de clubs internes de soutien avec des séances mensuelles, impliquant l’Association Europa Donna France.
- Mise en avant de témoignages de patientes lors de forums d’entreprise, tel que l’événement « Octobre rose & vous » organisé par ENGIE (énergie) en 2023.
Actions concrètes : comment impliquer durablement les collaborateurs ? #
Pour garantir l’adhésion et l’efficacité de la démarche, les entreprises misent sur une pluralité d’initiatives innovantes et ancrées dans l’expérience terrain. Certaines entreprises structurent leurs actions en synergie avec des associations reconnues comme Ruban Rose ou La Ligue contre le cancer afin de démultiplier leur impact.
Nous recommandons une approche multi-modale intégrant mobilisation sportive, création artistique et engagement solidaire :
- Installation de stands d’information itinérants, menés par des infirmières spécialistes, présents dans les sièges sociaux et agences régionales, à l’image de l’initiative 2024 de L’Oréal (cosmétiques).
- Lancement de challenges sportifs internes comme le « Rose Challenge » de Decathlon France, incitant salariés à parcourir un maximum de kilomètres à pied ou à vélo, chaque distance équivalant à un don reversé à la recherche.
- Organisation de projets artistiques collaboratifs type fresque collective réalisée avec les conseils de l’artiste Miss.Tic, pour afficher l’engagement de la société sur ses bâtiments.
- Participation à des courses solidaires régionales telles que la Marche Rose à Strasbourg ou la « Pink Run Paris » soutenue par Société Générale en 2023, ayant réuni plus de 6000 collaborateurs.
- Mobilisation via des campagnes de collecte, à l’image du partenariat tissé par Crédit Agricole SA avec Odyssea : en 2023, plus de 120 000 euros de dons récoltés en un mois.
Capitaliser sur Octobre Rose pour valoriser la politique RSE et l’image employeur #
Engager l’entreprise dans Octobre Rose sert à la fois l’intérêt général et la performance organisationnelle. Selon le rapport Deloitte France « Santé et RSE » 2024, 72 % des salariés se déclarent plus fiers de leur employeur lorsque ce dernier participe à des campagnes sociales fortes. Les directions mettent en avant leur éthique, renforcent leur attractivité envers les jeunes générations soucieuses de l’engagement sociétal et font rayonner leur marque sur les réseaux professionnels.
L’initiative structure la politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) sur trois axes :
- Prévention santé : Mise à disposition d’outils de dépistage et de prévention dans le parcours collaborateur, labellisation par des organismes comme AFNOR Certification
- Solidarité interne : Création de fonds d’entraide, intervention d’assistantes sociales, ou offrande de jours de congé solidaire géré par le CSE, comme chez Renault Group (automobile).
- Rayonnement externe : Communication active sur LinkedIn, participation à des prix santé, partenariat avec Ville de Paris pour l’illumination de bâtiments iconiques (mairie, tour Eiffel…)
Ainsi, Octobre Rose catalyse l’évolution des entreprises vers des modèles plus responsables, capables de répondre aux attentes de la société tout en cultivant l’engagement de leurs ressources humaines.
Soutenir concrètement les salariées touchées : accompagnement et dispositifs RH #
Prendre en compte le parcours des femmes confrontées à la maladie implique l’activation de mécanismes précis et humains. Le dispositif d’accompagnement personnalisé mis en place par AXA France (assurance) prévoit l’aménagement systématique du poste de travail, l’accès à une cellule d’écoute psychologique (via Pros-Consulte), ainsi qu’un suivi médical renforcé en lien avec la Médecine du Travail.
Les services RH jouent un rôle de facilitateur pour informer sur les droits (congés longue maladie, mi-temps thérapeutique, reprise après arrêt longue durée), accompagner la reprise progressive (télétravail adapté, flexibilité horaire), et préserver la confidentialité du dossier médical. Bouygues Construction (BTP) a, dès 2022, instauré un dispositif de « tuteur retour maladie » pour aider les salariées à réintégrer leur équipe dans les meilleures conditions humaines et professionnelles.
- Mise à disposition de documentations légales et médicales validées par la CARSAT et la CPAM.
- Relais avec des réseaux associatifs spécialisés comme RoseUp Association, œuvrant à la réinsertion des femmes après un cancer.
- Incitations à cumuler les droits individuels de formation (DIF), pour se préparer à une reconversion éventuelle.
Les initiatives d’Entreprise et Cancer, collectif interentreprises, montrent qu’un accompagnement adapté favorise non seulement la reprise durable du travail, mais améliore le climat social et l’engagement à long terme.
Consolider la mobilisation autour d’Octobre Rose en entreprise, c’est intégrer de manière transversale la prévention, la solidarité, l’engagement sociétal et le bien-être au travail au point de croisement de toutes les attentes : celles des salariés, du tissu associatif et de l’ensemble de la société civile. Loin d’être un simple événement ponctuel, il s’impose comme un levier d’action RH stratégique et exemplaire, unifiant valeurs et performance.
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Plan de l'article
- Octobre Rose en entreprise : mobiliser ses équipes pour la prévention et l’engagement solidaire
- L’impact du cancer du sein au travail : chiffres clés et enjeux sociétaux
- Faire de la sensibilisation un pilier de la culture d’entreprise
- Lever les tabous autour du cancer du sein et encourager le dialogue interne
- Actions concrètes : comment impliquer durablement les collaborateurs ?
- Capitaliser sur Octobre Rose pour valoriser la politique RSE et l’image employeur
- Soutenir concrètement les salariées touchées : accompagnement et dispositifs RH