Défaillances, PGE, médiation du crédit : le bilan 2026 de l’Observatoire du financement des entreprises

Le financement bancaire des entreprises françaises reste « globalement assuré », mais les signaux de fragilité s’accumulent : c’est le constat du rapport 2026 de l’Observatoire du financement des entreprises, publié par la Banque de France le 26 octobre. Trésorerie qui s’érode dans les PME et les ETI, défaillances toujours à un niveau élevé, médiation du crédit sollicitée trop tard : le document dessine un paysage contrasté.

En bref
  • 68 602 procédures de défaillance ouvertes en 2025, soit 3,6 % de plus qu’en 2024.
  • La trésorerie médiane des ETI recule de 59 à 52 jours de chiffre d’affaires.
  • Le crédit bancaire pèse 65,4 % du financement des entreprises à fin mai 2026.

Le crédit bancaire est-il toujours accessible ? #

Oui, selon le rapport annuel de l’Observatoire. Les concours bancaires atteignent 1 429,6 milliards d’euros à fin mai 2026 et représentent 65,4 % du financement des entreprises, contre 755,4 milliards pour le financement de marché.

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La dynamique est positive : sur un an, l’encours des crédits bancaires progresse de 3,9 % en mai 2026, contre 2,1 % un an plus tôt. Les crédits à l’investissement tirent la hausse (+ 4,4 %), en particulier l’immobilier d’entreprise (+ 5 %). Les nouveaux crédits cumulés sur douze mois atteignent 367 milliards d’euros.

Signal à noter pour les dirigeants : l’encours des crédits de trésorerie redevient positif (+ 0,5 %) pour la première fois depuis mai 2023. Le rapport souligne toutefois des tensions possibles sur l’accès des TPE-PME à ces crédits de court terme.

Pourquoi la trésorerie inquiète-t-elle ? #

C’est le point le plus parlant pour un directeur financier. La trésorerie médiane, exprimée en jours de chiffre d’affaires, évolue en sens inverse selon la taille de l’entreprise. Les microentreprises progressent de 61 à 64 jours entre 2024 et 2025, quand les autres PME glissent de 51 à 50 jours.

Les ETI encaissent le recul le plus net, de 59 à 52 jours. Le rapport relativise : fin 2025, les niveaux restent supérieurs à ceux d’avant la crise sanitaire, de 12 % pour les ETI et jusqu’à 25 % pour les microentreprises. L’hébergement-restauration fait exception, seul grand secteur revenu à son niveau pré-Covid pour les PME et les ETI.

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La capacité de remboursement des PME et des ETI s’est par ailleurs dégradée en 2025, d’après le même document. Pour une entreprise qui prépare une demande de financement, c’est un indicateur que le banquier regardera de près.

Les défaillances ralentissent-elles enfin ? #

Elles progressent encore, mais beaucoup moins vite. La Banque de France compte 68 602 procédures ouvertes en 2025, en hausse de 3,6 % sur un an après + 17,7 % en 2024. Ce niveau dépasse de 15 % la moyenne 2010-2019, une comparaison à lire avec prudence après les planchers historiques de 2020 et 2021.

Le détail par taille est plus préoccupant. Les défaillances de PME, d’ETI et de grandes entreprises dépassent de 68 % leur moyenne de long terme, contre + 12 % pour les microentreprises, qui représentent pourtant 92 % des défaillances. Le rapport reprend aussi l’estimation de BPCE L’Observatoire : 244 500 emplois concernés par une défaillance fin 2025.

Où en est le remboursement des PGE ? #

Le remboursement des prêts garantis par l’État arrive à son terme. Près de 700 000 entreprises en ont bénéficié, pour 145 milliards d’euros distribués. Les TPE et PME représentent 95 % des bénéficiaires et plus de 108 milliards d’euros.

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À fin février 2026, les appels en garantie restent contenus : 3,86 % du montant octroyé pour les PME, 3,23 % pour les ETI et 0,49 % pour les grandes entreprises, selon le tableau publié par l’Observatoire.

Pourquoi la médiation du crédit reste-t-elle sous-utilisée ? #

Au premier semestre 2026, les saisines éligibles de la médiation du crédit reculent de 8,3 % sur un an. La Banque de France y voit le reflet d’un accès au crédit plutôt fluide, mais aussi d’une connaissance insuffisante de ce dispositif gratuit et confidentiel.

Le problème est le calendrier : les entreprises s’y adressent souvent quand leur situation est trop dégradée pour être éligible. Les demandes viennent à 86 % de TPE de moins de 11 salariés, et portent surtout sur des ruptures de financement ou des réaménagements de PGE.

Pour aller au-devant des dirigeants, une Charte de confiance a été lancée le 10 février 2026 sous l’égide de la médiatrice nationale du crédit. Elle réunit une trentaine d’acteurs publics, privés et associatifs autour de la détection précoce des difficultés. Le communiqué de la Banque de France présente le rapport, et Économie Matin en propose une lecture centrée sur les défaillances.

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Que retenir pour piloter son financement ? #

Trois réflexes ressortent de cette lecture. Suivre sa trésorerie en jours de chiffre d’affaires et la comparer à la médiane de sa catégorie. Anticiper une demande de crédit de trésorerie avant que les ratios ne se dégradent. Et ne pas attendre le dernier moment pour solliciter la médiation du crédit en cas de refus bancaire.

Questions fréquentes #

Qui publie ce rapport ?

L’Observatoire du financement des entreprises, dont le rapport 2026 est publié par la Banque de France le 26 octobre 2026.

La médiation du crédit est-elle payante ?

Non, le rapport la décrit comme un dispositif de proximité gratuit et confidentiel.

Combien d’entreprises ont fait défaut en 2025 ?

La Banque de France recense 68 602 procédures de défaillance ouvertes en 2025.

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