Le crédit aux entreprises continue de croître en France, mais pas au même rythme pour tout le monde : les derniers chiffres de la Banque de France, publiés le 8 octobre, montrent des grandes entreprises bien servies et des PME qui avancent à petite vitesse, avec une trésorerie bancaire qui se contracte légèrement.
- En août 2026, les financements aux entreprises progressent de 4,0 % sur un an, et le crédit bancaire de 3,8 %.
- Fort contraste par taille : +6,1 % pour les grandes entreprises, contre +2,2 % pour les PME et +0,8 % pour les ETI.
- Le coût des nouveaux crédits reste autour de 3,7 %, et les crédits de trésorerie reculent : un signal à intégrer dans vos prévisions de financement.
Plan de l'article
Que disent les derniers chiffres de la Banque de France ? #
Dans sa publication statistique « Financement des entreprises » d’août 2026, mise en ligne le 8 octobre, la Banque de France mesure une croissance de 4,0 % sur un an des financements aux sociétés non financières, après 3,9 % en juillet. Un rythme qualifié de stable.
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Le crédit bancaire, qui reste le canal dominant, progresse de 3,8 % sur un an. Les données restent provisoires, mais la tendance de fond est claire : l’accès au financement ne se ferme pas, il se différencie.
PME, ETI, grandes entreprises : trois vitesses bien distinctes #
C’est le point le plus parlant pour un dirigeant. L’encours de crédits aux PME (et entreprises de taille indéterminée) atteint 550,3 milliards d’euros, en hausse de 2,2 % sur un an. Les ETI plafonnent à +0,8 % (398,8 milliards d’encours).
À l’autre bout du spectre, les grandes entreprises affichent +6,1 % (238,8 milliards d’encours). Elles cumulent les avantages : accès au marché obligataire, relations bancaires multiples et meilleur pouvoir de négociation sur les conditions.
Pour une PME, cette hiérarchie n’a rien d’une fatalité, mais elle rappelle une règle : plus la structure est petite, plus la qualité du dossier pèse dans la décision et dans le taux obtenu.
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Des taux stabilisés autour de 3,7 % #
Le coût des financements nouveaux s’établit à 3,73 % en moyenne, dont 3,66 % pour le crédit bancaire. Par taille, la Banque de France relève 3,71 % pour les PME, 3,74 % pour les ETI et 3,40 % pour les grandes entreprises.
L’écart de taux entre une PME et une grande entreprise reste donc contenu, autour de trois dixièmes de point. C’est moins le prix du crédit qui différencie les entreprises que la facilité à l’obtenir, en particulier pour financer le cycle d’exploitation.
Trésorerie en recul, investissement toujours financé #
La ventilation par objet confirme ce diagnostic. Les crédits à l’investissement progressent de 4,5 % sur un an, avec un encours de 1 061,5 milliards d’euros : les banques continuent d’accompagner les projets d’équipement et d’immobilier d’entreprise.
À l’inverse, les crédits de trésorerie reculent de 0,2 % sur un an (292,4 milliards d’encours). Une partie de cette baisse reflète le remboursement progressif des financements de crise, mais elle traduit aussi une sélectivité plus forte sur le court terme.
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Comment une PME doit-elle se positionner dans ce contexte ? #
Première conséquence pratique : ne pas attendre d’être au pied du mur pour parler trésorerie avec son banquier. Un besoin de court terme se négocie bien mieux adossé à un prévisionnel de trésorerie à douze mois qu’en situation d’urgence.
Deuxième levier : soigner les éléments que la banque regarde en premier. Comptes à jour, rentabilité documentée, carnet de commandes étayé et fonds propres cohérents avec le montant demandé restent les meilleurs arguments pour obtenir un taux proche du bas de la fourchette.
Enfin, pour l’investissement, la fenêtre est plutôt favorable : la production de crédits d’équipement reste dynamique et les taux se sont stabilisés. Comparer plusieurs établissements, et le cas échéant mobiliser les dispositifs publics de garantie, permet d’optimiser le plan de financement. La précédente livraison de la Banque de France montrait déjà cette orientation : l’investissement tire le crédit, le court terme se normalise.
Questions fréquentes #
Le crédit bancaire est-il en train de se fermer pour les PME ?
Non : l’encours de crédits aux PME progresse encore de 2,2 % sur un an en août 2026. En revanche, la croissance est nettement plus faible que pour les grandes entreprises, et les crédits de trésorerie sont plus sélectifs que les crédits d’investissement.
Quel taux une PME peut-elle espérer sur un nouveau crédit ?
La moyenne mesurée par la Banque de France en août 2026 ressort à 3,71 % pour les PME. Le taux réel dépend de la durée, des garanties et de la solidité du dossier : un prévisionnel sérieux et des comptes propres restent les meilleurs leviers de négociation.
Faut-il reporter un projet d’investissement en attendant des taux plus bas ?
Les crédits à l’investissement continuent de croître (+4,5 % sur un an) et les taux se sont stabilisés autour de 3,7 %. Attendre une baisse hypothétique peut coûter plus cher que le gain espéré ; mieux vaut arbitrer sur la rentabilité du projet lui-même.




