Le gouvernement a présenté le jeudi 15 octobre la deuxième phase de son plan d’électrification, lancé en avril. Parmi les 17 mesures annoncées, l’une vise directement la trésorerie et le plan d’investissement des petites entreprises : une enveloppe d’environ un milliard d’euros de prêts bonifiés pour les TPE et PME qui remplacent un équipement thermique par un équivalent électrique. Le dispositif n’est pas encore ouvert, mais son calendrier est déjà connu. Pour un dirigeant qui prévoit de renouveler un utilitaire, une chaudière ou un four en 2027, c’est le moment de préparer le dossier.
Plan de l'article
Ce que contient la mesure sur les prêts #
Selon le détail publié le 15 octobre par Connaissance des Énergies, la mesure 17 du plan prévoit « 1 Md€ de prêts bonifiés pour les TPE et PME », à un taux d’environ 1,5 %, contre 3,7 % sur le marché. La bonification n’est pas payée par le budget de l’État au sens classique : elle est financée à hauteur de 100 millions d’euros par un programme CEE, c’est-à-dire par les fournisseurs d’énergie soumis à des obligations d’économies d’énergie.
Les prêts doivent servir à acheter des équipements électriques à la place de matériels fonctionnant aux énergies fossiles. Les exemples cités vont des pompes à chaleur aux véhicules légers ou utilitaires électriques, en passant par les poids lourds et les fours électriques. Le site Enerzine, qui reprend les mêmes ordres de grandeur, précise que les artisans sont aussi visés et que les taux annoncés restent des valeurs approchées : il faudra attendre les conditions des banques retenues pour connaître le taux exact.
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Un calendrier en deux temps
D’abord, l’Ademe lancera un appel aux banques, inscrit au 1er décembre 2026 dans le tableau des mesures, pour choisir les établissements qui distribueront ces prêts début 2027. Ensuite, l’ouverture aux entreprises est fixée au 1er février 2027. Concrètement, aucune demande ne peut être déposée aujourd’hui. En revanche, rien n’empêche de chiffrer son projet et d’en parler à son banquier dès cet automne.
Pourquoi l’écart de taux compte pour une PME #
L’intérêt de la mesure se lit dans l’écart entre les deux taux mis en avant par le gouvernement : environ 2,2 points. Sur un investissement financé à crédit, cet écart réduit le coût total et allège les mensualités. Il peut faire basculer la rentabilité d’un projet d’électrification qui, sans aide, serait resté dans les cartons.
Le contexte rend ce levier d’autant plus utile. Les dernières statistiques de la Banque de France sur l’accès des entreprises au crédit montrent que, au deuxième trimestre, seules 6 % des PME constataient une baisse du coût du crédit. Pour une entreprise qui hésite à investir, une offre bonifiée fléchée sur un usage précis est un outil plus concret qu’une éventuelle détente des taux.
Les autres mesures qui touchent les entreprises #
Utilitaires électriques
Le plan fixe un objectif de 20 000 utilitaires électriques légers pour les TPE et PME, avec un soutien supplémentaire à partir du 1er janvier 2027. Ce soutien peut atteindre 11 000 euros pour les modèles assemblés en Europe, en plus des aides existantes. Une évolution législative est aussi prévue pour permettre de conduire avec le permis B des utilitaires électriques jusqu’à 4,25 tonnes, au lieu de 3,5 tonnes, afin de compenser le poids des batteries.
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Chaleur et bâtiments tertiaires
Le soutien aux grandes pompes à chaleur collectives et tertiaires doit être renforcé à partir de mars 2027. Le montant n’est pas encore précisé. Pour une PME propriétaire de ses locaux, c’est un point à intégrer dans un plan pluriannuel de travaux.
Industrie lourde
Un appel d’offres de 1,2 milliard d’euros pour l’hydrogène produit par électrolyse doit ouvrir le 1er février 2027, sous réserve du vote de la loi de finances. Il concerne surtout la sidérurgie et les engrais, mais il peut intéresser les sous-traitants de ces filières.
Comment s’y préparer dès maintenant #
Le premier réflexe est de faire l’inventaire des équipements thermiques qui arriveront en fin de vie en 2027 : véhicules, chaudières, fours, groupes de production de chaleur. Pour chacun, il faut estimer le coût de l’équivalent électrique, la consommation évitée et le montant à financer. Ce travail permet d’arriver chez son banquier avec un dossier prêt le jour de l’ouverture, plutôt que d’attendre les annonces des banques retenues.
Il faut aussi regarder le cumul des aides. Le prêt bonifié porte sur le financement, la prime aux utilitaires porte sur le prix d’achat : les deux leviers ne jouent pas au même endroit, mais leurs conditions de cumul restent à confirmer dans les textes d’application. Enfin, une partie du plan, comme l’appel d’offres hydrogène, est explicitement subordonnée au vote de la loi de finances pour 2027. Certains montants peuvent donc encore évoluer pendant le débat budgétaire.
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Questions fréquentes #
Peut-on demander ce prêt bonifié aujourd’hui ?
Non. Les banques partenaires doivent d’abord être sélectionnées par l’Ademe. L’ouverture des prêts est annoncée pour le 1er février 2027.
Le taux de 1,5 % est-il garanti ?
Le gouvernement parle d’un taux « de l’ordre de » 1,5 %. Le taux exact dépendra des conditions fixées avec les banques retenues.
Quels équipements sont concernés ?
Les exemples cités sont les pompes à chaleur, les véhicules légers et utilitaires électriques, les poids lourds et les fours électriques, en remplacement d’équipements utilisant des énergies fossiles.




